Le retour des maisons en bois

 

Les maisons en bois sont en train de faire un retour, timide mais remarqué, dans le paysage français. Dans ce domaine également, l’exception culturelle française est une réalité puisque ces maisons ne représentent que 4% des maisons individuelles. Or ce pourcentage est de 30% en Allemagne, 60% en Scandinavie et 90% aux Etats-Unis et au Canada.



Sommaire :

1. Un marché en expansion
2. Les techniques de construction
3. Les avantages du bois
4. Les résistances administratives
5. Le choix des professionnels
6. Coût de la construction en bois
7. Environnement


1) - Un marché en expansion :

Avec seulement 4% de maisons individuelles en bois la France fait figure de retardataire par raport à ses voisin d’europe du Nord ou des Etats Unis.
Cette différence s’explique en France, en partie, par une méconnaissance profonde de la construction bois, résultat du lobbying efficace du béton après-guerre (quand il fallut reconstruire la France) et d’a priori culturels tenaces :

- Une maison en bois n’est pas pérenne ? Les plus vieilles maisons du monde ne sont-elles pas en bois ? Sous toutes les latitudes et quelle que soit sa condition, l'Homme a de tout temps trouvé refuge entre des murs faits de ce matériau qui se joue des siècles.

- La maison en bois est chère ?
C’était vrai tant qu’elle était réservée à une élite. Aujourd’hui qu’elle s’est largement démocratisée, le surcoût de la construction bois n’est plus rédhibitoire, surtout quand on considère les prestations qu’elle offre en terme d’isolation, d’écologie et de confort.

- La construction en bois est réservée aux chalets en montagne ?
Non, une maison en bois n’est pas un chalet. Au contraire, le bois offre une véritable liberté de création architecturale et l’opportunité de posséder une maison unique et originale. D’autant que la diversité des essences de bois disponibles affirme les particularités de chaque bois : grain, couleur, résistance, etc.

- Une maison en bois est dangereuse (incendie) ?
Non, la réglementation qui encadre sa construction est la même que pour toute autre construction. Les normes techniques DTU (Document Technique Unifié) et la réglementation générale du code de l'urbanisme et de la construction sont toujours respectées lorsque les réalisations sont effectuées par des professionnels qualifiés.

Selon une étude réalisée en 2000(1), 86% des ménages font construire une maison individuelle sans avoir pensé à la maison bois au cours de leur processus de choix. Ce dossier a donc pour objectif de montrer que, pour quiconque souhaite faire construire, la maison en bois mérite au moins réflexion.

(1) étude conduite par le Cabinet Caron Marketing pour le compte du CNDB
 

2) - Les méthodes de construction en bois :

La maison à ossature bois
La maison à ossature bois (MO), ou à ossature plate-forme, est appelée ainsi car les montants de son ossature qui forment les murs sont coupés à hauteur de l’étage. La maison se construit niveau par niveau avec, à chaque fois, une plate-forme qui est à la fois le plancher de l’étage à venir et le plafond pour l’étage déjà construit. Sur cette plate-forme sont cloués les murs intérieurs construits de la même façon. La charpente repose sur les murs extérieurs. Le squelette de la maison forme ainsi une ossature, d’où le nom de cette technique.

Entre les montants de l’ossature extérieure, un isolant en plaques semi-rigides ou en laine de verre occupe toute la place vide disponible. Cette technique permet un gain de place en surface habitable car l'isolation ne s'applique pas en surépaisseur comme dans les maisons traditionnelles. A l’extérieur, des plaques en contreplaqué rigidifient la structure. Ces plaques sont ensuite recouvertes de films en papier (Tyvek) empêchant la pénétration du vent. Un revêtement, en bois ou autre, constitue l’habillage final de la maison. De l’air circule entre ce revêtement et le coupe-vent afin d’éviter condensation et humidité.

Sur la face interne des murs extérieurs, l’isolant et l’ossature sont recouverts d’un film qui protège l’isolant de l’humidité intérieure qui se condenserait en venant en contact avec la face extérieure du mur. Les murs et les cloisons intérieurs sont ensuite recouverts de plaques de placoplâtres qui sont également destinées à rigidifier l’ensemble.

Cette technique permet aussi bien la construction sur chantier que la préfabrication en atelier ou la fabrication complète en usine de tout ou partie de la maison. Cette simplicité de mise en oeuvre permet la mise hors d'eau et hors d'air en moins deux mois. Des équipes expérimentées pouvant aller encore plus vite.

La MO est aujourd’hui la construction la plus courante des ouvrages en bois, la plus économique et la plus rapide.

La maison en poteaux poutres
La technique du poteau poutre est issue de la technique traditionnelle de la construction à colombage (visible dans les vieilles villes de France). Cette fois, le squelette de la maison est constitué de poteaux porteurs (des troncs de résineux) qui font la hauteur de la maison. La tendance est actuellement au remplacement de ces troncs par des poutres en lamellé-collé (des lamelles de bois collées ensemble) qui permettent l’utilisation de longueurs presque impossible à trouver naturellement. Depuis peu, cette technique du lamellé-collé, utilisée d’abord dans des bâtiments publics (regardez n’importe quel gymnase neuf près de chez vous), est de plus en plus utilisée dans la construction de maisons individuelles.

L’ossature est ensuite habillée de grands vitrages ou remplie d’isolant en panneaux semi-rigides qui formeront le squelette des murs. Des parements rigides formeront enfin la façade extérieure et la face intérieure des murs. Comme pour la MO, la solidité de l’ensemble est obtenue par des panneaux de contreplaqué cloués sur l’ossature. Les poteaux sont toujours porteurs, que la façade soit en briques ou en crépi. Ils soutiennent les poutres horizontales qui portent le solivage du plancher.

Cette technique est plutôt utilisée pour les très grandes maisons car elle autorise l’utilisation de très grandes baies vitrées et permet une grande liberté architecturale. De ce fait, la durée des chantiers est plus longue que pour les MO pour un prix de revient plus élevé

La maison en madriers et rondins
Il s’agit de maisons construites en rondins telles qu’on en trouve communément dans les pays froids ou montagneux car elles offrent la meilleure résistance aux chutes de neiges (le toit ne risque pas de s’effondrer sous le poids de la neige). De fait, elles sont d’une solidité à toutes épreuves. Ces maisons comptent de plus en plus d’amateurs en France même si en plaine (en opposition aux régions montagnardes) leur construction reste encore anecdotique.

Ces maisons peuvent être réalisées en rondins bruts ou rectifiés ou en madriers. Les essences de bois les plus utilisées sont le pin sylvestre, l’épicéa ou le mélèze. Le coefficient d’isolation du bois résineux massif est tel qu’une isolation supplémentaire n’est pas nécessaire. Elles sont enfin d’une durabilité exceptionnelle car les bois sont ventilés et il n’y a pas de rétention d’humidité. En revanche, elles n’offrent pas la même liberté architecturale que les autres types de maisons en bois.

 3) - Les avantages esthétiques et techniques du bois :

Une liberté architecturale
De part ses qualités esthétiques et mécaniques, le bois est un matériau qui s'intègre à tous les sites, qu'ils soient urbains ou ruraux. De plus, le bois est une matière naturelle, noble et chaleureuse qui permet de réaliser des intérieurs accueillants et personnalisés et de jouer librement avec les volumes.

Varié dans ses utilisations (charpentes, lambris, poutres, clins, escaliers...), modulable et flexible, le bois offre donc une très grande souplesse de conception en permettant une expression architecturale très vaste qui privilégie l'espace en optimisant le confort. En effet, construire en bois n’impose que très peu de limitations dans les formes et les dimensions. En clair, on peut quasiment construire ce que l’on veut en bois quel que soit le style ou la tradition régionale. « Ne pas avoir une maison comme tout le monde» est d’ailleurs l’une des premières motivations des clients. Des industriels ont bien commencé à standardiser certains éléments afin de réduire les coûts mais il s’agit de modules préfabriqués qui permettent toutes les adaptations et non d’une construction d’ensemble

Autre aspect particulièrement intéressant, une maison bois se modifie avec une étonnante facilité, qu’il s’agisse de construire une extension, agrandir ou réduire des pièces, aménager des combles, voire même d’ajouter un étage, et ceci au meilleur prix. Ainsi est-il possible de construire une première maison que l’on agrandira ou réaménagera ensuite au fil du temps en fonction de ses moyens ou des nécessités.

- Un matériau isolant

Le bois est un matériau naturellement isolant. Contre le froid et la chaleur tout d’abord car de tous les matériaux solides, il offre les meilleures performances dans ce domaine. Il conserve aussi bien la chaleur que la fraîcheur. En effet, un mur d'une épaisseur de 10 cm de bois est autant isolant que 2,5cm de laine de roche ou que 1,2 m de béton.

L’inertie thermique des constructions bois étant faible, ce type de maisons est mis en chauffe très rapidement, même après une longue période d’inoccupation. De plus, l’isolant étant disposé à l’intérieur même de l’ossature, on obtient des performances d’isolation très importantes.

Le bois est ensuite un excellent matériau d’isolation acoustique. Le bois est par exemple fréquemment utilisé dans les studios d'enregistrement, les salles de concert etc. Parce que c'est un matériau qui a un fort pouvoir d'absorption acoustique, dû à sa faible densité, le bois permet d'atténuer ou d'accentuer des sons.

- Un matériau résistant au feu

Contrairement aux idées reçues, le bois est un matériau possédant l'une des meilleures résistances au feu. Loin d’augmenter les risques d'incendie, il brûle lentement sans transmettre sa chaleur aux parties voisines et sans dégager de fumée toxique. Sa stabilité vient de ce qu'il ne se dilate pas et n'éclate pas à la chaleur (comme le font les constructions métalliques), les dangers d'effondrements immédiats sont donc nuls. A titre d'information, les portes pare-feu ou coupe-feu sont le plus souvent en bois.

De plus la réaction du bois face au feu est prévisible et planifiable. C'est parce que le bois conserve toutes ses propriétés mécaniques et portantes sans déformation à haute-température que l'on peut évacuer occupants et matériel en toute sécurité.

Les vernis et les peintures intumescentes, les revêtements minéraux (plâtre) ou combustibles (panneaux en bois), ainsi que l'ignifugation constituent des boucliers thermiques et favorisent de ce fait la réaction et/ou la résistance au feu. La construction bois répond donc aux exigences les plus sévères en matière de sécurité.

Pour finir de convaincre les esprits retors, sachez que les primes d'assurance ne subissent pas de majoration selon que l’on construise ou habite une maison bois.

- Un matériau sain

Le bois, très bon régulateur hygroscopique, offre aux occupants un environnement sain. Il ne diffuse aucune substance nocive et peut sans risque être employé dans l'habitat, où il ne génère pas d'électricité statique, de Radom et d'acariens.

- Un matériau pérenne

Les bâtiments bois traversent le temps, bravent les tremblements de terre et autres catastrophes naturelles, s'érigent dans des milieux austères aux conditions extrêmes (haute-altitude avec les refuges, en bord de mer ou immergés avec les marinas, les jetées, les pontons…). De plus, la maison en structure bois échappe aux sinistres classiques comme les fissures, la condensation, les tassements et autres pénétrations d'humidité souvent déplorés dans la maçonnerie et le béton.

- Un matériau d'une grande résistance mécanique

Une poutre de 3 mètres capable de supporter 20 tonnes pèse : 60 kg en bois résineux, 80 kg en acier, 300 kg en aluminium. Une structure bois pèse un tiers de moins qu'une structure en acier et 18 fois moins qu'une structure en béton armée ! Cette légèreté permet de se libérer des contraintes liées à la construction dans des zones difficiles d'accès ou à des terrains à faible portance. Elle permet notamment d'éviter les surcoûts liés à ces contraintes.

- Un matériau qui permet une construction rapide et sèche

Le bois est un matériau léger qui permet une préfabrication en atelier. Ce mode de construction «rationnelle» peut, entre autre, s'affranchir de toutes les contraintes liées aux aléas de la météo. Sur le chantier, pas besoin d'eau, pas de délais de prise et de séchage, le montage est rapide. La construction sèche permet d'effectuer les travaux de finition immédiatement et d'envisager l'emménagement très rapidement. Les délais de construction sont ainsi bien moins longs que pour la construction traditionnelle.

Par ailleurs, le bois est un matériau sec qui est moins tributaire des variations climatiques et notamment du gel, ce qui limite les interruptions de chantiers pour cause d'intempéries. Enfin, des équipes performantes et parfaitement rodées peuvent réaliser l'ensemble des opérations en un temps record : ainsi, du premier coup de marteau à la remise des clés, il peut s'écouler 40 jours... Le faible nombre d'intervenants et la réduction de la durée du chantier contribuent à diminuer sensiblement le coût de la construction.

- Un matériau d'avenir

Le bois est un matériau d'innovation, qui s'affirme dans des technologies de pointe capables de répondre à toutes les exigences et contraintes liées à la progression de nos sociétés. Le bois rétifié (nouveau procédé mis au point par l'école des Mines de St Etienne) permet par exemple un traitement thermique qui confère au bois une très bonne durabilité et une très grande stabilité dimensionnelle… Les matériaux composites allient aujourd’hui le bois à d'autres matériaux pour accroître ses performances.

- Deux points faibles

Seule ombre au tableau, la maison bois a deux ennemis connus : le champignon et l'insecte. Mais en respectant des règles simples on peut éviter toute contamination. Les traitements contre les termites par exemple sont connus et efficaces et toutes les régions de France ne sont pas concernées. Certaines essences de bois ont une durabilité naturelle et ne nécessitent aucun traitement, d'autres ont besoin d'un traitement autoclave ou thermique pour résister en extérieur. Mais le secret de la pérennité des bois commence par une disposition constructive adéquate du matériau.
 

4) - Les résistances administratives :

Les résistances administratives sont, hélas, encore courantes malgré le contrat cadre construction bois signé par l’Etat et un texte de loi paru au Journal officiel. Ces résistances sont en grande partie culturelles et génèrent souvent des blocages administratifs (notamment au niveau du permis de construire). En effet, il est fréquent que face à une demande de permis de construire d’une maison en bois, le maire de la commune ou la Direction Départementale de l’Equipement (DDE, qui dépend pourtant du Ministère de l’Equipement signataire de la charte) refusent le permis à cause d’un a-priori négatif («nous sommes en plaine, pas question de vous laisser construire un chalet» est une remarque fréquente). Cette résistance vient généralement d’un manque de connaissance de la loi.

Le lobby de la maison en maçonnerie est également puissant en ce sens que, la maçonnerie ayant pris une place prépondérante en France, des élus ou des fonctionnaires peuvent être réticents à briser l’unité architecturale de leur commune et peuvent être tentés de refuser ainsi la construction bois.

Or, un maire ne peut pas refuser le permis de construire d’une maison sous prétexte qu’elle est en bois. Seul un architecte des Bâtiment de France (ABF) dispose de ce pouvoir. Si le maire est contre, il pourra toujours chipoter sur d’autres aspects de la construction mais un architecte et un maître d’ouvrage déterminés devraient arriver à faire valoir leur droit.

Selon les responsables, les a-priori culturels varient, il faut donc parfois s’armer de patience et de détermination pour parvenir à ses fins. Et ne pas hésiter à montrer la fameuse charte (disponible sur le site du ministère de l’équipement) pour faire valoir ses arguments. Cette situation devrait changer dans les années qui viennent au fur et à mesure que le marché se développe.
 

5) - Le choix des professionnels :

Le recours à l’architecte, qui ne représente que 15% de l’ensemble des constructions de maisons individuelles, est quasiment systématique pour la construction bois. Si cela tend à en augmenter le coût initial, son intervention permet surtout l’élaboration d’un projet sur mesure en fonction de vos besoins et de votre budget. Dans tous les cas, le recours à un architecte reste obligatoire pour toute construction en bois de plus de 170 m².

Le manque de savoir-faire est par contre un inconvénient majeur selon les régions. Ainsi, il est parfois difficile de trouver près de chez soi des architectes possédant les compétences maison-bois. L’Union Nationale des Syndicats Français d’Architecture (UNSFA), signataire de l’accord cadre construction bois s’est engagée à favoriser la formation des architectes dans les écoles. De plus, l’école d’architecture de Nancy, en collaboration avec l’école d’ingénieur d’Epinal, a mis en place une formation spécifique qui commence à structurer le savoir-faire en ce domaine. L’avantage de cet inconvénient est que les architectes qui s’intéressent à la construction bois ont encore l’enthousiasme des pionniers et qu’ils accordent un véritable intérêt à la maison individuelle (ce qui n’est pas le cas de tous leurs confrères). Ils auront vraiment à cœur que votre projet aboutisse !

Une étude réalisée en 2000 a démontré que 86% des ménages font construire une maison individuelle sans avoir pensé à la maison bois au cours de leur processus de choix. 9% ont pensé bois mais n'ont pas trouvé d'offres et ont construit «traditionnel». N’hésitez pas à rechercher, même loin de chez vous, les professionnels qui pourront vous aider dans votre projet.

Ce manque de savoir faire touche aussi bien les architectes que les entreprises chargées de la réalisation effective des travaux. Ces dernières possèdent parfois toutes les compétences requises mais, face à un marché encore très réduit, ne communiquent pas ou peu. Ainsi, le savoir-faire peut être tout près de chez vous sans que vous n’en sachiez rien !

Là encore cette situation est en train d’évoluer car la filière est en train de s’organiser. En effet, une quinzaine d’opérations concernant des lycées ou des collèges en bois ont été réalisées en France ces dernières années. En Île-de-France notamment, on assiste à une tendance architecturale qui veut qu’on installe une charpente en bois au dernier niveau d’immeubles «traditionnels». Tendance qui doit logiquement permettre une véritable diffusion des savoir-faire.

Enfin, il existe une association de constructeurs bois (AFCO.BOIS) qui peut vous aider et vous guider dans vos recherches :

AFCOBOIS - 10, rue du Débarcadère -75017 Paris
Tél. : 01 40 55 14 98.

(1) Etude conduite en 2000 par le Cabinet Caron Marketing pour le compte du CNDB (Comité National pour le Développement du Bois).

6) - Coût de la construction en bois :

Actuellement, près de 6.400 maisons individuelles en bois sont construites chaque année en France (soit environ 4% du marché). Il y a peu encore, la construction de maisons en bois était considérée comme un luxe réservé à une élite.

La réalité est plus nuancée puisque désormais, grâce à la démocratisation de ce type de construction, le surcoût n’est plus que d’environ 5 à 10% par rapport à une maison traditionnelle en maçonnerie. Et encore, ce coût inclut la prestation de l’architecte qui permet à chacun d’avoir une maison unique et originale.

De plus, facile et rapide à monter, la maison structure bois n'exige aucun temps de séchage. La légèreté et la haute résistance de la structure n'imposent pas de contraintes aux fondations, Cette vitesse d'exécution évite aux particuliers de commencer à rembourser leurs emprunts alors qu'ils doivent continuer à payer leurs loyers ou, pour les investisseurs fonciers, permet de percevoir des loyers plus rapidement et donc de diminuer les frais financiers.

Enfin, des catalogues proposent des maisons à des prix défiant toute concurrence mais à monter soi-même. Si cela est effectivement possible en théorie – toutes les parties de la maison sont construites en atelier et numérotées, il suffit ensuite simplement de les assembler selon la notice comme un jeu de lego grandeur nature – la réalité est plus nuancée. Il faut en effet une solide expérience de la construction pour parvenir à monter sa maison tout seul sans l’aide extérieure de professionnels. De plus, ces maisons à monter seul offrent un choix limité de modèles. Cela reste cependant une possibilité pour les artisans ou les très très bons bricoleurs.

L’écart de prix entre maisons «traditionnels» et maisons en bois devrait se réduire encore dans les années à venir puisque le nombre de constructeurs augmente. Parallèlement, seule une offre industrielle, organisée et standardisée, permettra de répondre à un marché évalué à environ 12.000 nouvelles maisons en bois par an. Une forte baisse des coûts en serait le résultat logique (ainsi que sans doute d’une perte de l’originalité des maisons…).
 

7) - Environnement :

Construire en bois équivaut à ménager l’environnement, préoccupation grandissante en ce début de 3ème millénaire (mais l’argument écologique est un argument parmi tant d’autres comme le montre ce dossier). Le bois est en effet une matière première disponible et le seul matériau renouvelable de la planète. De plus son utilisation renforce l’exploitation et le développement de la forêt.

Les déchets générés par ce matériau sont soit détruits sans dégagement de substance toxique, soit réutilisés dans l'industrie du panneau, des palettes, des fibres mais aussi comme source d'énergie (bois de chauffage). Construire en bois, c'est enfin construire sans eau, matière première qu'il est primordial de ne pas gaspiller. L'eau utilisée chaque année par l'industrie bétonnière correspond à 23 fois le débit journalier de la Seine…

Construire avec du bois permet également de lutter contre l'effet de serre. En effet, sous l'effet de la lumière, le CO2 se combine à l'eau, pour donner la cellulose, et forme un arbre. Ainsi une forêt en croissance est un gigantesque absorbeur de carbone. Construire avec le bois revient donc à stocker durablement le carbone dans les structures des bâtiments. Selon la FIBRA (Filière Bois en Rhône-Alpes), un arbre moyen produit en une année l'oxygène nécessaire à la respiration de quatre personnes et fixe le gaz carbonique produit par une voiture en 18.000 km. Mais lorsque la croissance d'un arbre s'arrête, le bois ne stocke plus de CO2. Au contraire, en mourant et pourrissant, le CO2 stocké retourne dans l'atmosphère. Pour capturer du CO2, il faut mettre du bois en œuvre.

Selon l’ADEME(1), un m3 de bois massif mis en œuvre contribue à fixer 1,9 tonnes de CO2 ! 1m3 de bois stocke la quantité de gaz carbonique qu'il y a dans 1 million de m3 d 'air. 10% du CO2 émis est dû au béton, ce pourcentage sera de 18% en 2015. Or, une augmentation de 1% de la part de marché du bois dans la construction générerait une réduction 1,3 millions de m3 par an des émissions de CO2.

Avec 19 % des émissions françaises de gaz à effet de serre, le secteur du bâtiment représente un important gisement pour promouvoir l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. C’est pour cette raison que ce secteur a signé une charte interprofessionnelle se fixant pour objectif d'utiliser 25 % de bois dans la construction à l’horizon 2010 car il s’agit d’un matériau renouvelable alors que la fabrication du ciment est particulièrement gourmande en énergie.

(1) ADEME : Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie. 

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